Le management par Arsène Wenger

La vidéo

Résumé de la vidéo

Q : Pourquoi es-tu devenu joueur puis entraineur ?

R: On connait souvent l’intensité de ses désirs et pas forcément les causes (…) ne pas être dans le foot c’était la mort.

Ceux qui font les miracles ce sont les joueurs.

Une bonne équipe sans un bon entraineur ne va pas très loin…et réciproquement. On est interdépendant.

Un entraineur c’est un guide. Il a un concept clair pour lequel il est prêt à se battre.

Résistant au stress et capable de prendre des décisions très dures.

Mettre un joueur sur le banc c’est le mettre au chômage le vendredi. Et le réemployer le lundi matin comme si de rien n’était.

Sur l’évolution du football pendant 35 ans de carrière

On est passé de la verticalité à l’horizontalité dans les relations humaines.

Le joueur qui devient millionaire, il veut être traité comme un millionnaire. Il faut le convaincre.

Avant on donnait des ordres. Aujourd’hui il faut convaincre, persuader.

La communication a pris une importance énorme.

Sur le management

C’est l’art d’obtenir des joueurs ce que l’on pense devenir victorieux.

Votre projet doit devenir le leur. Ils doivent se l’approprier et le défendre.

Le joueur de foot

  • Entre 18 et 23 ans, il mange dans ta main.
  • Entre 23 et 28 ans , il est fort, il sait que tu as besoin de lui
  • A 29/30 ans, ils redeviennent plus humbles, plus normaux

Le vestiaire

C’est la jungle.

Certains joueurs ratent leur carrière car ils ne s’imposent pas dans le vestiaire (ndlr: coucou Gourcuff)

Quand le joueur rentre dans le vestiaire, les autres doivent le sentir : c’est vous OU moi.

Après seulement c’est moi ET les autres.

Point fort et point faible

Moi j’essaie de détecter le point fort. Ta vie de footballeur tu l’as fait avec ton point fort. Olivier Giroud est un bon exemple (sic).

Le sport moderne exige 1 point fort et être assez bon partout.

Sur la défaite

Tu penses quoi de la citation “Soit je gagne, soit j’apprends” (Mandela) ?

Dans le métier d’entraineur il ne faut pas perdre souvent. Tu n’as pas le temps d’apprendre longtemps.

Un entraineur c’est un réducteur de temps de crise.

Pas plus de 3 défaites d’affilée, car tu es alors dans une crise énorme. Tes propres joueurs commencent à douter de toi.

Toi aussi tu es dans la jungle. Chaque matin, 25 joueurs très intelligents cherchent ton point faible.

Chaque matin, tu dois être blindé, prêt, avoir ses convictions, une force animale, une vie de sportif de très haut niveau

Quelle différence entre un excellent joueur et un Ballon d’Or ?

  • Une analyse objective de sa performance
  • Un peu dur avec lui-même
  • Une bonne combinaison entre motivation et intelligence
  • Une endurance dans la motivation (mieux que l’intensité)
  • Maintenir l’effort

L’effort qui n’accompagne pas le talent dépérit petit à petit.

L’entraineur qui voit ça perd la confiance dans le joueur.

ex: Zizou = c’est la gagne et l’humilité

Comment gérer les fortes personnalités ?

Sans compromissions.

Traiter les plus grands plus durement que les autres (sauf exceptions).

Le football, c’est le jeu et dans le jeu tu t’adresses à l’enfant. L’enfant vit dans le présent, il s’amuse.

Après c’est l’adolescent : soit tu es génial, soit tu es le roi des cons.

L’adulte vit de compromis entre ses difficultés intérieures et le monde extérieur.

Certains joueurs sont extraordinaires car ils gardent leur créativité, instinct, intuition…mais difficiles à gérer dans le quotidien.

C’est quoi une belle équipe ?

C’est d’abord un club construit sur des valeurs identifiées et respectées.

L’équipe doit adhérer au projet de jeu de l’entraineur.

Sur la culture

Créer sa propre culture. Ce qui est important pour les joueurs et par les joueurs.

En faire la synthèse (constitution) et la communiquer aux joueurs.

Et la faire respecter lorsque la crise vient.

Sur les faiblesses

Plus le niveau augmente, plus on insiste sur tes faiblesses.

Dans le sport collectif, il y a un chemin de jeu naturel qui passe par les points forts de l’équipe.

Les secrets d’une bonne causerie

Les gens oublient vite leurs qualités. Tout nous tire vers le bas.

Il faut mettre l’équipe sur un niveau de motivation et de dynamique élevés.

Sur les émotions

Mon métier c’est de faire oublier la peur. C’est la peur qui inhibe.

Il y a souvent des dérapages émotionnels dans l’action.

Le bon joueur a un but clair. Il n’a aucune émotions. C’est un tueur.

Sur la victoire et la défaite

La victoire te donne le temps de corriger les défauts.

La défaite remet tout en question.

L’entraineur doit avoir l’ambition de gagner avec style. Pour donner de l’espoir aux supporters. Et accepter aussi les petites victoires.

Sur la confiance

Mon métier c’est une forme de foi en l’humain. Il ne faut pas être paranoiaque.

C’est un acte de confiance envers les joueurs.

Sur l’argent dans le foot

Il y a trop d’argent par rapport au nombre de bons joueurs. Donc les salaires augmentent.

Le salaire est primordial pour attirer et conserver les talents.

Aujourd’hui le classement reflète le budget des clubs à 90% indépendamment du manager.

Sur la performance des joueurs et la data

Il n’y a pas beaucoup de variations dans la performance. Elle est toujours régulière d’un match à l’autre.

La data est importante pour découvrir les talents en amont.

Au dessus de la Science, il y a l’Homme, le manager, qui garde l’expérience et l’intuition de la décision finale.

Prendre des décisions c’est difficile car il n’y a aucune certitude.

Dans beaucoup de clubs, l’objectivité de la science a pris le dessus sur la subjectivité, et l’intuition.

La définition du Football

  • Maîtriser le ballon
  • Prendre une décision
  • Exécuter la décision

Avant de recevoir la balle, le très bon joueur scanne 6 à 8 fois son environnement. Le bon joueur 4 à 6 fois.

C’est un message extraordinaire pour l’éducation : travailler la prise d’informations avant d’être impliqué dans le jeu.

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